lundi 21 avril 2014

LE "PLANET SOLAR" FAIT ESCALE A BOULOGNE SUR MER !


Le plus grand bateau à énergie solaire du monde fait escale à Boulogne jusque fin avril !
Avec à la barre Gérard d'Aboville le Planet Solar est l'invité d'honneur du 23eme Festival des images de la mer organisé par Nausicaa.


Le "Planet Solar" est amarré au quai Gambetta en face de la chambre de commerce.




C'est un catamaran de 31 mètres de long (35 mètres avec les flaps* ouverts),  16 mètres de large (26 mètres avec les flaps* ouverts) pour un poids d'environ 90 tonnes.


On voit ici le flaps arrière déployé grâce à des vérins hydrauliques.
 
Sa construction a débuté au chantier naval HDW à Kiel en Allemagne en 2009 et il fut mis à l'eau en mars 2010.


Pour alléger son poids au maximum il a été entièrement conçu en matériaux composites (principalement fibre de carbone).


La surface de ses modules solaires, tous flaps déployés, est de 537 m2
La seule énergie solaire lui permet d'atteindre une vitesse moyenne de 5 nœuds (9 km/h) et une vitesse maximale de 9 nœuds(17 km/h).


En septembre 2010, au départ de Monaco, le Planet Solar a entamé le 1er tour du monde réalisé par un navire entièrement propulsé à l'énergie solaire. Il a bouclé son périple en mai 2012 après avoir parcouru un peu plus de 60 000 km sur les océans.


Vous avez encore jusqu'au week end prochain des 27 et 28 avril 2014 pour l'admirer et même le visiter (visites le week end et sur réservation uniquement auprès de Nausicaa)


A l'heure où l'on parle de transition énergétique, le Planet Solar est un bel exemple de réussite technologique. Peut être suscitera t il des vocations dans notre pays très en retard en la matière ... 


LEXIQUE :

*   Les flaps sont des ailerons latéraux pouvant s'ouvrir ou se rabattre de façon à augmenter la surface photovoltaïque


Article publié par Yves        Photos  © Yves  2014

mercredi 16 avril 2014

LE CORMORAN DERNIER BATEAU PROFESSIONNEL D'EQUIHEN


Le Cormoran immatriculé BL 734834 était un doris (bateau à fond plat), appartenant à Nicolas Feutry qui l'utilisa au début des années 2000 pour pratiquer la pêche côtière au départ de la plage d'Equihen.



Dans la lignée des bateaux d'échouage seuls adaptés à utiliser notre plage, le doris en aluminium est le successeur des flobarts qui ont tant contribué à faire vivre les habitants d'Equihen.

Le nom de "doris" a été donné en mémoire des doris terreneuvas. Cependant leur forme n'a plus rien à voir avec celle de leurs ancêtres et ils sont loin d'avoir leur stabilité, comme nous le verrons plus loin.

 Sylvain Feutry, père du patron Nicolas et Sylvain (fils) posent devant le Cormoran

Le Cormoran a été fabriqué en 1989 aux chantiers Hauchard à St Nicolas de la Taille (Seine Maritime). Avant de venir à Equihen il était basé à Wissant.

Il mesurait 8m28 de long pour 2m80 au maître bau (plus grande largeur) et faisait 3.30 tonneaux de jauge brute (voir lexique en bas de page).



Il était constitué d'une coque en aluminium non pontée, avec une petite cabine qui abritait le poste de pilotage. Il était équipé d'un moteur hors bord Yamaha de 115 chevaux et d'un vire-filet à l'avant.  



Le "Cormoran" était un doris "fileyeur", c'est à dire qu'il était conçu pour la pêche au filet (trémails) à quelques miles de la côte.  


A chaque sortie le Cormoran était descendu sur la plage à l'aide d'un tracteur.


Le très faible tirant d'eau facilitait la mise à l'eau.



Pendant que l'équipage posait ou remontait les filets Sylvain au volant du tracteur attendait le retour du bateau.



Retour idéal par mer calme ... Le bateau va être positionné derrière la remorque. Cette opération est beaucoup plus difficile quand les vagues viennent pousser le bateau.



La pêche a été bonne, les soles seront bientôt vendues aux mareyeurs de Boulogne.


Il ne reste plus qu'à treuiller le bateau pour rentrer.



Retour du Cormoran qui emprunte la descente où tant de flobarts sont passés avant lui.





Mais le Cormoran n'a pas toujours connu des heures paisibles ...



Son fond plat qui lui permettait de s'échouer facilement lui donnait une instabilité dangereuse en cas de houle. C'est ainsi qu'il se retourna, ne causant heureusement que des dégats matériels.




Les dégâts considérables au bateau l'ont rendu inutilisable pendant plusieurs semaines, le temps des réparations.


Récemment d'autres ont eu moins de chance.

Le 5 mai 2012 devant Saint Aubin Sur Mer (Calvados) , le doris "La Pomme" immatriculé à Dieppe et de conception identique au Cormoran s'est retourné suite à une croche.


L'équipage composé d'un père et de son fils a péri dans l'accident.

Anthony Paumier, 22 ans, patron du doris et son père matelot ont perdu la vie dans le naufrage.

L'instabilité du bateau, La raréfaction du poisson, ainsi que les conditions difficiles de mises à l'eau ont vite décidé Nicolas Feutry à opter pour une plus grosse unité, basée dans le port de Boulogne.

C'est ainsi qu'aujourd'hui il est le patron du "Brise Lame" , un fileyeur de 16 mètres.

Le "Brise Lame" au large d'Equihen Avril 2014

Le "Brise Lame" amarré au quai Gambetta Avril 2014

 Le "Brise Lame" quai Gambetta Avril 2014
 
Le "Brise Lame" quai Gambetta Avril 2014
 
Quant au Cormoran, il a était vendu à un pêcheur du bassin d'Arcachon et a été rebaptisé le "A TOM" immatriculé AC 734834.

Il n'aura pas beaucoup navigué en aquitaine puisqu'il a été retiré des registres maritimes le 20 février 2006 pour destruction.

Avec le départ du "Cormoran", dernier bateau professionnel à utiliser notre plage, une page de l'histoire maritime d'Equihen s'est (définitivement?) tournée.



Cet article est dédié à Sylvain Feutry
qui nous a quitté beaucoup trop tôt.



LEXIQUE :

-  Le tonneau de jauge est une unité de mesure utilisée pour déterminer la contenance du volume d'un navire. Un tonneau de jauge correspond à un volume de 2,83 mètres cubes. La jauge brute est la capacité intérieure complète du navire et de toutes les constructions et superstructures qui se trouvent sur le pont.Elle donne donc le volume du navire, et sert de base à l'assiette de la taxe de francisation et au droit de navigation.


Article publié par Yves       Photos  © Yves  et  internet

samedi 12 avril 2014

UN NAVIGATEUR SOLITAIRE FAIT ESCALE A EQUIHEN


En cette journée ensoleillée du 30 mai 2003, les promeneurs ont pu voir une drôle d'embarcation échouée sur la grande plage d'Equihen.



Il s'agissait d'un catamaran de construction amateur, qui semblait vide de tout occupant.



Pas d'immatriculation, un matériel rudimentaire ... l'embarcation semblait pourtant en bon état et prête à reprendre la mer.



Attirés par le catamaran les enfants ne pouvaient résister à la tentation de monter à bord.


Telle ne fût pas leur surprise ....


quand ils virent la bâche bleue bouger et une tête en sortir !!!


Présentations faites, il s'agissait de Shaun Storie, navigateur anglais amateur qui venait de traverser le détroit et ambitionnait de rejoindre l'atlantique sur un catamaran qu'il avait fabriqué lui même.


Le lendemain matin, touché par son histoire, je lui ai ramené quelques provisions, histoire de reprendre des forces avant sa prochaine étape.



Afin d'informer son fils Nigel que la traversée du détroit s'était bien passée, il m'a communiqué son adresse mail pour que je lui écrive.


Avant de se quitter nous posons pour nous souvenir de cette sympathique rencontre sur la plage d'Equihen ;-)


Cette année là Shaun ne vit pas les vagues de l'Atlantique.
Quelques jours plus tard je l'ai retrouvé sur la plage du Touquet où son catamaran s'était arrêté victime de nombreuses avaries.
Après avoir passé quelques jours dans la station chic de la Côte d'Opale, Shaun est reparti en Angleterre , mais ses rêves de navigation étaient toujours intacts.


Article publié par Yves                            Photos Yves

lundi 7 avril 2014

BALADE A LA GLAISIERE DE NESLES


A quelques minutes en voiture d'Equihen vous pouvez partir à la découverte de la glaisière de Nesles. (La ville de Nesles est située au sud d'Equihen, juste à coté de Neufchatel-Hardelot)

La glaisière est une ancienne carrière d’argiles du Gault, exploitée jusqu’en 1982. A la fin de l’exploitation, le site a été réhabilité par le Conseil général.

Il est composé d’un étang, aux berges abruptes et d’un îlot évidé en son centre. Un boisement humide occupe une partie du site, qui comprend également des prairies bocagères typiques du bas-Boulonnais et un verger de variétés locales.

On peut commencer le parcours à deux endroits (voir plan à la fin de l'article).


J'ai choisi de partir du moulin à eau de Nesles.




Les premiers moulins à eau firent leur apparition sous l'empire romain, et connurent un essor considérable durant le Moyen Âge. Ils étaient la propriété de la noblesse et des abbayes, leur usage était obligatoire pour la population car ils étaient frappés du droit de banalité (taxe sur la mouture).

Les moulins seront progressivement supplantés au 19ème siècle par des minoteries fonctionnant à la vapeur puis à l'électricité.


C'est un moulin à roue verticale qui a été reconstitué à Nesles. Les roues verticales sont classifiées suivant le point d'application de la force sur la roue.


Différents types de roues verticales :

La roue en dessus :


La roue de poitrine :


La roue en dessous :


Comme on le voit sur cette photo du moulin de Nesles ici l'eau arrive un peu au dessus du niveau du moyeu : il s'agit donc d'une  "roue de poitrine". Le poids de l'eau qui tombe dans les godets entraîne la roue qui tourne autour de son axe horizontal entrainant un "arbre" chargé de transmettre l'énergie à l'aide de courroies et d'engrenages en bois (puis plus tard en fonte).


La vantellerie est l'ensemble des vannes qui donnent la possibilité de régler le niveau de l'eau afin d'optimiser la force motrice.


Ambiance :




La balade se poursuit dans un superbe environnement pour nous amener autour de l'étang.




Des passerelles en bois permettent de parcourir cette zone humide bien au sec !


A droite cachée par les arbres l'église de Nesles.


Sur l'étang ce jour là un cygne trompette ...


et une oie bernache du Canada se partageaient pacifiquement le plan d'eau.


Un peu plus loin un escalier a été aménagé pour permettre l'accès aux berges.



Qui dit eau dit bateau ... en voici un de retour d'une mission bien spécifique ...


C'est Ludovic, sympathique pêcheur rencontré ce jour là qui l'utilise.


Le bateau radio commandé a une double fonction : il permet d'une part d'emmener le bas de ligne à l'autre bout de l'étang (classé en réserve, et d'où on ne peut pas pêcher) et d'autre part de déposer l'amorce qui va attirer les poissons.

Le bas de ligne est d'abord déposé dans le petit réceptacle à l'arriére.


Puis on ajoute l'amorce.


Le bateau est ensuite mis à l'eau ...

et dirigé par Ludovic jusqu'au lieu de pêche.


Vidéo :




Sur cette photo on voit bien le fil entrainé par le bateau.


Arrivé sur le lieu de pêche la trappe arrière est ouverte à distance et le bas de ligne et l'amorce tombent à l'eau à l'endroit voulu par le pêcheur.


D'autres pratiquent la pêche de façon plus classique ... souhaitons leur à tous bonne chance ... d'autant plus qu'une fois pêchés les poissons, brèmes ou carpes sont remis à l'eau !
(Attention pêche réglementée, se renseigner en mairie)


Un peu plus loin une source vient alimenter l'étang.





Vue de la berge aménagée

En remontant sur le chemin principal on peut voir l'église derrière les arbres.



Point de vue aménagé d'où on distingue très bien l'ilot central.



Le plan de la balade est consultable sur le parking situé à coté de la mairie.

Le tour de la glaisière peut se compléter par une montée à la motte castrale.

J'ajouterais les photos à ma prochaine sortie.


A Nesles le mobilier urbain devient support artistique !



Article publié par Yves             Photos / Vidéos  Yves
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