lundi 31 mars 2014

JEAN CHARLES CAZIN PEINTRE SCULPTEUR CERAMISTE

Jean-Charles Cazin (1840 - 1901) est un peintre, sculpteur et céramiste français, né au hameau de Létoquoi (Samer, Pas-de-Calais) et mort au Lavandou dans le Var.

Il est un des nombreux artistes tombés sous le charme d'Equihen, où il a d'abord séjourné avant d'y acheter une propriété. 

Jean Charles Cazin passe sa petite enfance dans sa ville natale de Samer, puis la famille déménage à Boulogne-sur-Mer en 1846.


En 1862, il entre à l'École de dessin de Lecoq de Boisbaudran à Paris, puis devient professeur de dessin à l'École spéciale de dessin d'architecture dirigée par Émile Trélat, de 1863 à 1868, date à laquelle il est nommé conservateur du Musée de Tours et directeur de l'École de dessin. Fin 1870, rejoignant Alphonse Legros, Jules Dalou, il part en Angleterre avec son épouse Marie et leur fils Michel , et, s'adonne à la céramique.
  
De retour en France, il expose Le Chantier (1876), tableau dans lequel il pratique la technique ancienne de la peinture à la cire.



Il réalise alors des compositions d'inspiration biblique et mythologique pour lesquelles posent les membres de sa famille et dont le décor s'inspire du littoral boulonnais.

C'est ainsi qu'on peut retrouver les dunes dans Agar et Ismaël (1880).



Il peint les remparts de Montreuil Sur Mer dans Judith, le départ (1883).



Il s'inspire des falaises d'Equihen dans Ulysse après le naufrage.

  
Dans la maison et dans l'atelier qu'il s'est fait construire à Equihen, il peint les paysages des côtes du Boulonnais.

Malheureusement beaucoup de ces tableaux de notre région sont partis à l'étranger comme le montre cette copie d'écran de Wikipedia où on peut noter de nombreux musées américains et même un australien !


Tout le monde n'ayant pas les moyens d'aller visiter ces musées ;-), j'ai rassemblé ci dessous après de longues recherches quelques tableaux que l'artiste a peint à Equihen et dans la région. Les photos des tableaux ne sont pas de haute qualité car j'ai dû le plus souvent agrandir au maximum des petites miniatures trouvées sur internet. 

Equihen sur la falaise, Marée basse peint par Jean Charles Cazin autour de 1876 à 1890. Le tableau a été photographié à la Corcoran Gallery of Art de Washington, DC.
Ce très beau tableau de la descente à la plage est à comparer avec celui de Georges Maroniez exécuté quelques années plus tard : entre les deux le perré avait été construit pour protéger le talus.
 
  
Une autre vue de la descente à la plage avec une partie du talus et la maison des douaniers. On notera les nombreux flobarts échoués.
 
Toujours la descente à la plage d'Equihen mais cette fois depuis le calvaire. Au loin la lumière d'un phare (Le Touquet ou Berck)

Ce tableau intitulé "L'orage" peint en 1876 qui représente très bien Equihen de l'époque avec ses maisons en haut de la falaise est une des oeuvres de l'artiste que l'on peut voir en France au Musée d'Orsay de Paris.

L'artiste a peint sa demeure dans cette oeuvre intitulée "Clair de lune sur la mer". Cette maison se situait dans le "domaine Cazin", au sud d'Equihen, au dessus de la grande plage.(voir les photos récentes des ruines à la fin de cet article).

Cette "Famille au repos" a été peinte juste devant la maison de l'artiste, coté sud. On distingue en arrière plan à gauche le Mont Saint Frieux.

Les deux tableaux suivants ont également été peints depuis le "Domaine Cazin", un peu plus en retrait dans les dunes. On notera la similitude du trait de côte avec le tableau ci dessus.


Jean Charles Cazin n'avait pas loin à aller pour trouver l'inspiration, comme en témoigne encore ce tableau "Dunes au coucher du soleil", peint dans les dunes de sa propriété.

Cette maison a pu être celle que l'artiste occupait lors de ses premiers séjours à Equihen.

Maisons de pêcheurs sur la Falaise

Autre représentation de maison de pêcheur d'Equihen réalisée au fusain

Ces "Voyageurs fatigués" se reposent à proximité du "domaine Cazin".

Mais Jean Charles Cazin a également peint d'autres lieux du littoral.

Voici une oeuvre intitulée "Henri Duhem dans les dunes de Dannes-Camiers" 1870

Cette "Maison dans la Dune" a également été peinte sur le littoral au sud d'Equihen.

   
Le tableau ci dessous représente la côte de Mesnil Val (Criel sur mer) au sud du Tréport en Seine Maritime.


Pour peindre ces "Ramasseurs d'Algues" l'artiste avait posé son chevalet devant un fort sur le littoral au nord d'Equihen.


Cette sculpture intitulée "Femme de Marin" souligne la maîtrise de l'artiste dans cette discipline.


Voici maintenant quelques photos prises au siècle dernier


Sur cette photo prise depuis le Domaine Cazin on peut voir l'étendue des dunes vers Hardelot.

La demeure de Jean Charles Cazin n'était déjà plus qu'une ruine quand cette photo a été prise.

Voici maintenant quelques photos prises en mars 2014 au "domaine Cazin".

Aujourd'hui seules des broussailles et des pans de mur sont visibles là où s'élevait la demeure de l'artiste. Cette vue correspond à ce qui était l'arrière de la maison.(à comparer avec le tableau de l'artiste).





Ce pan de mur est encore bien conservé.


Cette vue prise depuis le coté sud des ruines permet de situer la maison par rapport au village.

En face de la façade, coté sud, il y avait des terrasses aujourd'hui enfouies sous la végétation.

De ces terrasses la vue est exceptionnelle que ce soit vers la mer ...

ou vers le sud du littoral, et on reconnait bien le trait de côte visible sur plusieurs tableaux de l'artiste.

Les murets sont toujours bien visibles, et devant un tel panorama ...

on se prend à rêver d'une réhabilitation du site qui permettrait aux promeneurs de voir les ruines de la maison et de profiter du cadre exceptionnel ... un sacré atout pour le tourisme dans notre ville.  


Devenu célèbre et reconnu dans les milieux artistiques, Jean Charles Cazin a choisi de s'établir dans sa grande propriété d'Equihen n'exposant rien de 1883 à 1888.

Il recommence ensuite à voyager en Italie et dans les Flandres. Il étudie la nature et les maîtres anciens et subit l'influence de son ami Pierre Puvis de Chavannes en travaillant à sa suite aux fresques du Panthéon, de la Sorbonne.

Il revient surtout à une peinture plus actuelle, sentimentale, humanisée de sa région natale avec un goût sensible pour les crépuscules que les critiques d'art qualifiaient d "heure Cazin". Ses toiles se vendent à Paris et à l'étranger et se retrouvent maintenant dans nombre de musées nationaux et internationaux.C'est ainsi qu'il exposera 180 tableaux aux États-Unis en 1893.

A partir de 1891 il ne se consacre plus qu'au paysage et se partage entre le Pas-de-Calais et le Var où il décédera au Lavandou en 1901.

Sa femme Marie, peintre et sculpteur, décédée à Equihen en 1924 lui a édifié un magnifique mausolée à Bormes les Mimosas (Var) où il est enterré.






Jean Charles Cazin a été décoré de la Légion d'Honneur en 1882 puis nommé Commandeur en 1889 pour son dévouement à la peinture et à l'art en général.

Dans notre région vous pouvez visiter le musée qui lui est consacré dans sa ville natale de Samer.

Article publié par Yves           Photos Internet et Yves

lundi 24 mars 2014

LES CHASSE-MAREE : LES VOITURIERS DE LA MER


Même si il fut aussi utilisé pour nommer un voilier traditionnel bien adapté à la pêche côtière et au cabotage, le terme "chasse-marée" désignait initialement un métier.

Il évoquait les transporteurs routiers (et leurs attelages) qui acheminaient les produits de la pêche vers les lieux de consommation, d'où l'autre appellation de "voituriers de la mer".

On retrouve ce nom dès 1350 dans une ordonnance rendue par Jean II " en faveur des Chasses-marées contre les pourvoyeurs des maisons du Roi, de la Reine et des princes qui arrêtaient ces forains, qui prenaient le poisson destiné à Paris ".


La pratique a duré plusieurs centaines d'années jusqu’au milieu du XIXᵉ siècle. Elle a battu son plein du 16ème au 19ème siècle.

Des ports de pêche de la Manche (Boulogne, Étaples, Saint Valéry, Dieppe ...) partaient des attelages lourdement chargés de poissons frais qui filaient vers Paris qu'ils rejoignaient en moins de vingt-quatre heures. 

Les attelages étaient généralement composés de quatre chevaux attelés par paire et d'une charrette montée sur deux roues hautes. L'ensemble  (poissons, charrette) pouvait peser jusqu’à 3 500 kg.

Les cochers qui menaient ces voitures "chassaient devant eux" un ou  plusieurs chevaux, d'où le nom de chasse-marée.



Les chevaux étaient changés dans des relais de diligences après un galop effréné de plusieurs dizaines de kilomètres, pour continuer la course vers un autre relais. 

 Il fallait de puissants chevaux, endurants, robustes tels  les "Boulonnais" et les "Traits du Nord".



Pour éviter toute perte de temps,  le voiturier livrant Paris bénéficiait d’une priorité sur les autres véhicules. Les chevaux étaient pourvus de clochettes afin d'avertir les villageois du passage imminent du chasse-marée.

Une tour de guet, placée près des relais, permettait à l'aide d'un cor, d'annoncer l'arrivée des attelages afin que le personnel se tienne prêt pour le changement de chevaux.



A l'époque les moyens de conservation étaient rudimentaires. Le poisson était enveloppé d'algues, de fougère, de foin ou de paille, le tout recouvert d'une grande bâche. Les charrettes ainsi chargées prenaient la route pour une équipée plus que périlleuse.

En effet le transport du poisson n’était pas facile : les droits de passage étaient souvent excessifs, l’état des routes laissait à désirer, le brigandage était pratique courante et les accidents étaient fréquents, car les chasse-marée roulaient très vite : il fallait que le poisson soit livré à Paris le plus rapidement possible.

L'épopée des Chasse-marée a inspiré Jean François Battez, Auteur Compositeur Interprète d'Amiens qui lui a consacré une magnifique chanson que je vous propose de découvrir.




Voici les paroles, qui résument toutes les péripéties de ce dur métier !


Jean de Boulogne de Jean François Battez 
extrait de l'album "Entre le ciel et l'eau"
Retrouvez cet artiste sur son site : http://www.lalalala.fr


  Je suis Jean de Boulogne, Chasse-Marée de Picardie si fier de ma besogne mener du poisson à Paris.

Sans un instant de trop, moi je n’ai qu’une seule journée pour atteindre au triple galop la porte au Faubourg Poissonnier.

Sur mon chariot j’ai vingt quintaux de pichons frais de la marée, par le devant cinq chevaux les plus beaux des grands Boulonnais.

Monté en croupe pour mieux conduire, je sais pousser, je sais freiner, je sais les pentes où l’on chavire, j’y vais la nuit les yeux fermés.

Holà ! Garez-vous donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Garez-vous donc ! On m’attend à Paris !

Je suis fils de charretier et tant de fois j’ai vu mon père faire ces chariots, ces grands paniers, arcs tendus pour fendre l’air.

Que l’idée m’est venue, d’en devenir le maître, fils de charretier, Chasse-marée, c’est ainsi que dieu m’a fait naître.

J’ai débuté enfant par les chemins pierreux, petit mouilleur de frein, je n’étais pas peureux

Tant y’a des bosses et des cahots où des carrosses feraient des tonneaux, tant y’a des rues et des ornières où des charrues casseraient leur fer.

Holà ! Garez-vous donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Garez-vous donc ! On m’attend à Paris !

A quatorze ans, j’ai pris la selle, seigneur de ma folle équipée aux grandes larmes des pucelles qui me voyaient déjà tomber.

Car les chemins en ont tués bien des gaillards de mon pays morts sous la roue, sur le pavé, au péché de s’être endormi.

Des yeux des gueuses je n’ai que faire aux relais où je prends chevaux car moi ma mie c’est la crinière qui vient me caresser le dos.

Et j’ai sur moi l’odeur du vent parfum des fées, filles des bois que j’aperçois de temps en temps flottant sur l’ombre qui nous noie.

Holà ! Garez-vous donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Garez-vous donc ! On m’attend à Paris !

 Un jour j’ai failli chavirer par trop de routes dans le mois, las je me suis mis à rêver qu’un poète vantait mes exploits.

« En ce temps-là, la Picardie allait du Tréport en Calaisis et des hommes au prix de leur vie montaient le poisson à Paris.

Sorti de la Manche à minuit, grillade à Montmartre à midi, mais quels grands mages ont fait ceci ? Les Chasse-marée de Picardie ! »

Et sous les cris et les bravos, un hennissement m’a rappelé, j’allais glisser sous le tombereau mon cheval m’avait réveillé.

Holà ! Gare à toi donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Gare à toi donc ! Et tant pis pour Paris !

Alors j’aimerais que le poète ajoute un vers à nos mémoires pour dire que les chevaux, en fait... bien plus que nous ont fait l’histoire.


L'activité des Chasse-marée" prit fin au milieu du 19eme siècle avec l'avènement du chemin de fer qui permit de transporter beaucoup plus rapidement les tonnes de poissons vers la capitale.

De nos jours la "Route du Poisson" honore la mémoire des Chasse-marée et remet sur la route attelages et équipages.

C'est une manifestation sportive et populaire d'attelage équestre.

Créée en 1991 à l'initiative du haras de Compiègne, cette course d'endurance de 24 heures est organisée en septembre pour relier Boulogne-sur-Mer à Paris.

Se déroulant tous les deux à trois ans, la Route du Poisson est devenue la plus grande course par relais d'attelages de chevaux de trait organisée en Europe. Son succès populaire est allé croissant. En 2005, on comptait plus de 300.000 spectateurs tout au long de la Route.

En septembre 2012  la course a traversé Equihen.

Un attelage en haut de la rue Edmond de Palézieux

Ce reportage de France 3 Picardie nous plonge dans l'ambiance de cette manifestation



A l'heure où j'écris cet article le tracé 2014 de la course n'est pas encore connu. Rendez vous dans les prochains mois sur  www.laroutedupoisson-ap3c.org pour en savoir plus.

Article publié par Yves  

lundi 17 mars 2014

EXCLUSIVITE ! TRI DES DECHETS MENAGERS : VOUS ETES SURVEILLES !


ATTENTION !!!

La Communauté d'Agglomération du Boulonnais qui supervise le recyclage de nos déchets a récemment recruté de nouveaux agents afin de vérifier si le tri sélectif était correctement effectué dans nos poubelles !


Las de retrouver des déchets inadaptés sur les chaines de tri la C.A.B a décidé de contrôler à la source le respect des consignes de sélection.  

C'est ainsi qu'ont été formés dans la plus grande discrétion des "Inspecteurs de containers".

Pour ce travail pas facile et même ingrat qui demande de grandes qualités d'observation et un odorat développé, il fallait des recrues d'exception, capables d'agir dans la pénombre d'une poubelle.

Après une enquête minutieuse et des heures de planque, le site EQUIHEN PLAGE Côte d'Opale est en mesure de vous révéler l'identité d'un de ces inspecteurs !

Voici l'agent "Fripouille", photographié en pleine mission :


Ce paisible chat, un agent de la C.A.B ?   Je vous sens septiques ...

Visionnez donc cette vidéo exclusive !


Alors, convaincus ?

Equipés d'une micro caméra, "Fripouille" et ses collègues de la brigade féline transmettent au centre de contrôle de la C.A.B le contenu de vos poubelles afin de repérer les habitants qui ne jouent pas le jeu du bio-recyclage.

Vous voila prévenus, alors ayez le bon geste !

 Voici des tableaux récapitulatifs pour vous aider à trier :




Article publié par Yves        Vidéo Yves  Photos Yves / Internet

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