samedi 1 février 2014

FAUT IL AVOIR PEUR DES PHOQUES ?

Depuis quelques années on en voit régulièrement devant Equihen ... Des rumeurs commencent à circuler ... Les usagers de la mer se posent des questions ... Qu'en est il réellement ?   


Deux espèces de phoques sont présentes sur notre littoral : le phoque veau marin, et le phoque gris. Voici comment les reconnaître :


Profil du museau : droit pour le phoque gris ("tête de cheval"), plus rond pour le veau marin ("tête de chien") avec une "cassure".

Illustration en photo :

Voici un phoque veau marin :



Voici un phoques gris



Rapide et malin le phoque peut parfois troubler une paisible partie de pêche s'attirant les foudres des pêcheurs :


le même phoque quelques heures plus tard, après la digestion ... il en rit encore  !!


 Cet animal facétieux, en plus de priver les pêcheurs de quelques belles prises pourrait il être dangereux pour l'homme dans certaines circonstances ?  
Suite à plusieurs incidents, une polémique est née au sujet d'une éventuelle agressivité des phoques ...


En mai 2013, la Voix du Nord relatait ces faits :

"A Berck : en allant pêcher la crevette, Claude Ducourneau a eu la peur de sa vie !"

Il était habillé de cuissardes qui lui remontaient jusqu’à la taille. Par-dessus, il avait enfilé un ciré et noué une ceinture, « pour éviter que l’eau pénètre au-dessus des cuissardes ». Cette nuit-là, Claude Ducourneau a fait ce qu’il appelle « une mauvaise rencontre ». Il l’a racontée aux membres du collectif « anti-phoques », lors de leur réunion samedi.


Ça faisait quelques jours qu’il avait repéré ce qui semblait être un veau marin solitaire, qui restait sur la plage nord de Berck. « Il était au large et restait dans le secteur. » Mais ce soir-là, alors que dans la nuit noire, Claude Ducourneau a de l’eau jusqu’à la taille, il est brusquement retourné « cul par-dessus tête. Je n’ai pas eu le temps de comprendre. Je me suis retrouvé sous l’eau. J’ai suffoqué. J’ai réussi à remonter la tête hors de l’eau et c’est là que je l’ai vu. Il m’a foncé dessus une nouvelle fois et j’ai bu une énorme tasse. Pendant que je me débattais, je l’entendais crier sous l’eau. Je ne savais pas que les phoques étaient capables de faire ça. J’ai eu la peur de ma vie... Si je n’avais pas eu mon ciré, l’eau rentrait dans les cuissardes, je me retournais comme un bouchon et avec tout mon harnachement, je me noyais... »

Finalement, Claude Ducourneau a réussi à reprendre pied sur la plage. Et le phoque s’est éloigné. « Je pense que c’est un solitaire et qu’il m’a attaqué parce que j’étais sur son territoire. » Depuis, Claude Ducourneau n’est pas retourné taquiner la crevette. « J’ai eu trop peur. Si j’y retourne, c’est accompagné. Je ne pêcherai jamais plus tout seul. C’est trop dangereux. »


En 2012, le site SURF PREVENTION titrait :
"Un surfeur victime d’une attaque de phoque en Australie"


Mercredi dernier vers midi, Daniel Falconbridge, 24 ans, attendait tranquillement les vagues sur sa planche de surf à Garie Beach quand il a remarqué une forme obscure de 3 mètres de long qui glissait sous l’eau…

Quelques secondes plus tard, il se faisait mordre à la jambe et le sang coulait abondamment. Il s’est mis à crier ‘‘shark, shark !’’ pendant qu’il ramait de toutes ses forces vers le bord.

Mais il n’a pu aller bien loin avant que le monstre marin ne revienne mordre sa jambe de nouveau…

C’est alors qu’au comble de la douleur et de l’angoisse, la tête de l’animal a fait surface et il a alors reconnu…un phoque !

Mais ce n’était pas n’importe quel phoque mais un phoque bien connu dans la zone sous le doux nom de Cecil.

Daniel Falconbridge s’en est tiré avec 3 plaies profondes de sa jambe gauche ayant nécessité 15 points de suture. Il ne pourra pas retourner surfer avant au moins 3 semaines.


On sait que les phoques peuvent se montrer agressifs sur terre (ne jamais approcher un phoque, même blessé, sur la plage) mais les attaques dans l’eau sont extrêmement rares.

Plus qu’une réelle attaque, il pourrait s’agir d’un geste de curiosité envers le surfer. Sebastian Schmid du Sydney Aquarium a déclaré : « Parfois les phoques australiens peuvent se montrer curieux…Et comme ils n’ont pas de mains, ils utilisent leur bouche. »

En 2008 le même site titrait déjà :

"Deux surfeurs attaqués par un phoque en Namibie"

Chris Nel et Neels Engelbrecht surfaient sur le spot de Cape Cross à environ 130 kilomètres au Nord de Swakopmund.

Ils se trouvaient à environ 600 mètres du bord quand l’attaque s’est produite. Neels Engelbrecht a été attaqué par l’animal en furie qui lui a arraché un morceau d’oreille et l’a mordu à la tête, aux bras et aux jambes sous ses assauts répétés.

Chris Nel, venu à la rescousse, a essayé de mettre le nose de sa planche dans la gueule de l’animal mais il a également été blessé à la tête, au dos et aux bras.

Ils ont eu toutes les peines du monde à sortir de l’eau car le phoque les a poursuivis jusqu’au bord.

C’est Chris Nel qui a conduit leur véhicule (qu’ils avaient dû garer à un kilomètre du spot) jusqu’à l’hôpital en utilisant son membre supérieur non blessé pour tenir le volant…

Les deux surfeurs s’en tirent avec une centaine de points de suture au total pour refermer leurs plaies et une hospitalisation à l’hôpital de Swakopmund.

Ils ont été vaccinés contre la rage.

Il s’agirait de la première attaque confirmée d’un phoque sur des surfeurs. Il est néanmoins déjà arrivé que ce type de phoque s’en prenne à des plongeurs. Le phoque à l’origine de l’attaque pourrait être un jeune mâle qui aurait réagi de la sorte pour défendre son territoire.

EXPERIENCE PERSONNELLE

Pratiquant le body board à Equihen depuis de nombreuses années il m'arrive régulièrement de voir des phoques qui s'approchent à 4 ou 5 mètres. 


Jusqu'à aujourd'hui je n'ai pas observé d'attaque ni de manoeuvre agressive de leur part.

La plupart du temps ils se contentent de rester à une distance de "sécurité" en s'éloignant dès qu'on s'approche.

Au vu du faible nombre d'accidents rapportés à l'échelle des océans il semble que les comportements agressifs soient l'exception chez les phoques.

Mais au delà du risque d'attaques très rarement observées, la simple présence des phoques alimente la polémique auprès des pêcheurs qui les accuse pèle mêle de consommer d'énormes quantités de poissons, de les faire fuir, de démolir les engins de pêche ...
 

Voici un reportage de BFMTV sur le sujet :

video

En 2013 un collectif de défense anti-phoque s'est crée sous l'impulsion des pêcheurs en colère :

« La prolifération des phoques menace la faune et la flore de la côte. La pression des mammifères marins est trop forte sur l’écosystème de la côte »

« Les phoques, c’est simple, on n’en veut pas ! ». À la maison du temps libre de Cucq, l’ambiance est rapidement montée chez les participants. Les phoques sont l’incarnation de la colère des pêcheurs. « En mer, on a le droit d’effaroucher les oiseaux avec un fusil. Et y’a pas que les oiseaux qu’on va effaroucher, tu vas voir. »  Les mammifères s’attirent les foudres des pêcheurs en cassant les filets et en mangeant la ressource piscicole de la baie. Il y aurait soixante-dix phoques en baie d’Authie, une dizaine en baie de Canche et quatre cents en baie de Somme.

Fabrice Gosselin« C’est normal », estime Fabrice Gosselin, président de l’association des pêcheurs à pied d’Étaples et co-initiateur du collectif de défense. « Pour ces gens, la pêche c’est leur vie. C’est leur métier. » Une lame de fond s’esquisse : « Nous réunissons les pêcheurs à pied, les professionnels de la pêche et les pêcheurs de loisirs. Les pêcheurs en eau douce sont aussi intéressés. Et on veut fédérer la chasse. Les gens ressentent un vrai ras-le-bol. On est là pour taper du poing sur la table mais aussi pour proposer des solutions. On tient la route. »



Ces solutions, les pêcheurs peuvent les faire valoir dans le cadre du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale créé en 2012.


Ce parc naturel a pour but de protéger la faune et la flore
Plus de 200 espèces animales et végétales y sont recensées, parmi lesquelles 90 espèces de poissons, « dont certaines sont exploitées, menacées ou protégées », à l'image du requin pèlerin, du cabillaud et de l'anguille.
Ce classement doit permettre de renforcer la protection de cette faune et de cette flore, mais aussi de mieux connaître le milieu marin et de partager ce savoir. Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale est le cinquième parc naturel marin de France, les quatre premiers étant ceux de la mer d'Iroise, de Mayotte, du Golfe du Lion et des Glorieuses (océan Indien).

Espérons que la concertation entre les usagers de la mer, professionnels et amateurs d'un coté et les associations de protection de la nature de l'autre permettra aux pêcheurs et aux phoques de partager harmonieusement notre espace littoral.

Et pour terminer :

QUELQUES REGLES SIMPLES A OBSERVER EN PRESENCE DE PHOQUES

-   Ne jamais approcher les phoques qui se reposent sur la plage ou les phoques blessés.
-   Ne pas approcher les phoques accompagnés de juvéniles.
-   En mer si vous percevez quelque chose d'anormal dans le comportement d'un phoque n'insistez pas. Il défend peut être son territoire ou ses petits. Allez un peu plus loin pour ne pas le déranger. Il faut garder à l'esprit qu'en cas de confrontation vos chances sont très faibles face à un animal de 200 Kg qui se déplace à 35 Km/Heure et peut tenir 10 à 30 minutes en apnée 
-   La nuit sortez accompagnés pour pratiquer vos loisirs ( pêche, kayak ou autre ) 

N'oublions pas que les phoques sont chez eux en mer, ils n'ont d'autre solution que d'y vivre et d'y trouver de la nourriture.   



Article publié par Yves     Sources internet

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Les phoques témoignent de la qualité de notre eau ! laissez les vivre !

Anonyme a dit…

Je me suis baignée plusieurs fois près des phoques ils ne m'ont jamais attaquée

Odeladeule a dit…

Ce sont les chalutiers de la pêche industrielle qui ont depeuplé les oceans. Dans les années 60 en vacances à Wimereux,on allait voir les petits chalutiers debarquer des tonnes et des tonnes de poisson à Boulogne. 10 ans plus tard, en cooperation au Quebec, on pêchait de la morue dans l'Estuaire du St Laurent avec un bout de chiffon rouge; J'y suis retourné en 2010 soit 40 ans plus tard. Plus un seul chalutier, la pêche industrielle a detruit tous les bancs de morue. Les anciens pêcheurs emmènent les touristes voir les baleines.... Les pêcheurs de Boulogne iront ils faire voir les phoques aux touristes ou les descendront ils jusqu'au dernier ? La bêtise est incommensurable car s'il y a des phoques, c'est qu'ils sont totalement protégés en UK, en Belgique et aux Pays Bas où décidement les pêcheurs sont plus intelligents qu'ici.

Anonyme a dit…

Je suis étonnée de lire de tels commentaires des pêcheurs qui - dit-on - tout comme les chasseurs disent connaître l'environnement et prélever ce qu'il est nécessaire pour que chaque espèce- humaine comme animale- y vive.Les plus grands responsables d'une "désertification" de nos océans, ce sont ces énormes chalutiers qui râtissent tout sans distinction, certains poissons sont pris dans les filets, s'asphyxient une fois remontés à bord et retournés à l'océan car hors des listes de poissons à pêcher ou impropres à la consommation. Ce ne sont pas quelques phoques qui éradiquent les bancs de poissons...il va falloir arrêter de raconter n'importe quoi. Je sais de quoi je parle, mon grand-père était marin pêcheur en Bretagne et plus loin. Je suis donc solidaire des problèmes que rencontrent les pêcheurs, mais je crois simplement que l'on se trompe de cible et cela depuis longtemps.

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