vendredi 21 février 2014

LES QUILLES EN L'AIR

Equihen-Plage est célèbre pour ses quilles en l'air.


Leur histoire remonte au XIXème siècle. A l'époque le hameau d'Equihen était un port d'échouage où les bateaux de pêche de type harenguier ou flobart étaient mis à l'eau en glissant sur des rondins de bois ou en utilisant des tas d'algues disposés le long de la plage pour faciliter le déplacement.

Cette photo prise à Equihen au début du siècle dernier illustre bien les contraintes que subissaient les bateaux échoués sur la plage.


Les manoeuvres harassantes pour la remise à l'eau et les échouages répétitifs qui exposaient les  bateaux à la puissance des vagues usaient prématurément les coques.
Les marins peu fortunés recyclaient alors les embarcations pour en faire un logement à peu de frais.

Les quilles en l'air d'Equihen étaient situées dans le quartier des falaises, en haut de la descente de la plage, à peu près sur l'emplacement du terrain de camping actuel.



Le bateau, allégé de tout le superflus, était remonté de la plage puis retourné. On utilisait du bois ou des pierres pour réaliser le soubassement. La coque devenue toit était enduite de goudron pour assurer l'étanchéité.


Dans son roman de 1914 "Gingolph L'abandonné", René Bazin écrit que par mauvais temps les ouvertures, "découpées" dans la coque goudronnée et bouchées souvent par de "mauvaises vitres", laissaient "passer le vent et aussi des gouttes de pluie".





L'intérieur des quilles en l'air était constitué d'une unique pièce à vivre qui couvrait toute la longueur de la quille retournée. On y faisait la cuisine sur un poêle qui assurait aussi le chauffage, on y prenait les repas, on y dormait et parfois on y préparait les lignes de pêche quand le temps était trop mauvais. Les ouvertures étaient peu nombreuses et petites il y faisait assez sombre.



A noter qu'il existait également dans la falaise en haut du talus une "caloge". Il s'agit d'un bateau mis à sec et laissé à l'endroit, sur lequel on ajoute un toit, recouvrant tout ou partie de la coque.


La seconde guerre mondiale sera fatale pour ces habitations bon marché et après le conflit il ne restera plus qu' une seule quille en l'air.
C'est la coque du Sacré-coeur de Jésus, construit en 1929 pour Amédée Herbez, et désarmée en 1933 qui pendant des années est restée le seul témoignage de ce type de construction.

On peut voir la dernière quille en l'air ici sur cette photo au 1er plan sur la gauche de la descente.

La dernière quille, longtemps restée seule à flanc de falaise.

C'est le peintre Christol qui, avant guerre, avait fait de cette coque retournée son atelier justement nommé "la Quille en l'air".



Photographiée et reproduite sur de multiples supports la Quille en l'air est devenue un symbole de la commune apprécié des visiteurs.


Dans les années 90 la ville décide de mettre à profit cet engouement en récupérant de vieilles coques vouées à la destruction pour créer des hébergements de tourisme au sein du terrain de camping ainsi qu'un local pour un club sportif.

 

60 ans après leurs disparitions les quilles en l'air sont de retour, presque à l'endroit où elles s'élevaient au début du siècle dernier ! Belle revanche pour ces habitations précaires, jadis réservées aux plus modestes et aujourd'hui équipées du confort moderne pour accueillir une clientèle internationale !






Sur cette vue prise depuis la terrasse d'une des nouvelles quilles on peut apercevoir un bout du toit et la cheminée de la Quille en l'air d'origine, en contre bas à gauche.

Pour voir plus de photos ou pour réserver un séjour original vous pouvez visiter le site du Camping Municipal d'Equihen .
 
Les "nouvelles" quilles en l'air attirent des touristes au dela de nos frontiéres, comme en témoigne ce reportage de France 3 :


Voici un autre reportage proposé par Francetv Info et FR3 :


Pour vos vacances, louez donc une quille en l'air ! par francetvinfo

Mais les quilles en l'air ne sont pas l'apanage d'Equihen.
On en trouve aussi de très belles dans d'autres régions ou pays de tradition maritime.

Ainsi en Bretagne il en existe de nombreux exemplaires, utilisés comme gite ou comme coin détente par les particuliers.


 La quille en l'air ci dessous a conservé son hélice ... peut être reprendra t elle un jour la mer ...


En tout cas, l'intérieur met bien en valeur le franc bord de la coque.


Mais la palme revient sans aucun doute à cette construction batie à proximité du cap Sizun (Finistère) qui mesure 30 mètres de long pour 15 mètres de large au "maître bau" (la plus grande largeur sur un navire) et 7 mètres de haut !. 


Certes il ne s'agit pas à proprement parler d'une quille en l'air puisque cette habitation a été intégralement réalisée en bois (charpente en lamellé-collé, flancs et couverture en lauze de châtaigner à triple recouvrement). Sa partie arrière (80 m²) abrite l’habitation du propriétaire tandis que le reste soit plus de 200 m² abrite son atelier, éclairé par un puits de lumière invisible de l’extérieur.


 Plus traditionnelle, cette quille en l'air sert de galerie d’art sur l’ile de Mull en Ecosse.


Deux passionnés de ce type d'habitat ont écrit deux livres passionnant qui contiennent de nombreuses photos de quilles en l'air, glanées au cours de leurs voyages.


Pour compléter ce sujet voici un diaporama qui présente les photos de cet article ainsi que quelques autres.


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Article publié par Yves    Sources  Internet, Camping d'Equihen, Yves

mercredi 12 février 2014

HONNEUR AUX CANADIENS !


Equihen a été occupée et lourdement sinistrée pendant la 2eme guerre mondiale. Le 21 septembre 1944 les soldats canadiens libéraient notre ville.
Cet article du quotidien "La Voix du Nord" revient sur cet épisode de l'histoire. 



Reconnaissante envers ses libérateurs, Equihen a baptisé une rue du domaine sauvage "Avenue des Canadiens". Un hommage bien mérité.




Le 22 septembre1944 ce fut au tour du Portel d'être libéré. C'est au fort d'Alprech que le Général allemand Heim s'est rendu aux soldats de la 3e division d’infanterie canadienne.

Depuis quelques années à la fin de l'été, Le Portel rend hommage à ses libérateurs le temps d'un week end.


La dernière édition s'est tenue les 7 et 8 septembre 2013.
Différents clubs étaient présents pour animer ce week end : Les Boys de l’oncle Sam, Into the clouds, le Somme Battlefield pipe band, le Club artésien de reconstitution historique, Les passerelles d’Omaha Beach.

Défilés en ville et visites guidées du fort et du campement ont permis de se replonger dans l'ambiance de l'époque.

Un des moments forts a été la reconstitution de la bataille pour la libération du fort d'Alprech, dont je vous présente trois extraits vidéo ci dessous.




Pour célébrer la victoire rien de tel qu'une bonne fanfare !


Et pour terminer voici quelques photos de cet évenement :


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Les canadiens ont pris une grande part dans la libération de notre région pendant la seconde guerre mondiale. Il y a quelques années j'ai eu l'occasion de photographier des inscriptions gravées en 1944 par ces soldats sur des arbres à proximité du Mont Saint Frieux , au sud d'Hardelot. Les voici présentées. ( Cliquez sur les photos pour la taille réelle).








Article publié par Yves     Sources  Internet, Yves

samedi 1 février 2014

FAUT IL AVOIR PEUR DES PHOQUES ?

Depuis quelques années on en voit régulièrement devant Equihen ... Des rumeurs commencent à circuler ... Les usagers de la mer se posent des questions ... Qu'en est il réellement ?   


Deux espèces de phoques sont présentes sur notre littoral : le phoque veau marin, et le phoque gris. Voici comment les reconnaître :


Profil du museau : droit pour le phoque gris ("tête de cheval"), plus rond pour le veau marin ("tête de chien") avec une "cassure".

Illustration en photo :

Voici un phoque veau marin :



Voici un phoques gris



Rapide et malin le phoque peut parfois troubler une paisible partie de pêche s'attirant les foudres des pêcheurs :


le même phoque quelques heures plus tard, après la digestion ... il en rit encore  !!


 Cet animal facétieux, en plus de priver les pêcheurs de quelques belles prises pourrait il être dangereux pour l'homme dans certaines circonstances ?  
Suite à plusieurs incidents, une polémique est née au sujet d'une éventuelle agressivité des phoques ...


En mai 2013, la Voix du Nord relatait ces faits :

"A Berck : en allant pêcher la crevette, Claude Ducourneau a eu la peur de sa vie !"

Il était habillé de cuissardes qui lui remontaient jusqu’à la taille. Par-dessus, il avait enfilé un ciré et noué une ceinture, « pour éviter que l’eau pénètre au-dessus des cuissardes ». Cette nuit-là, Claude Ducourneau a fait ce qu’il appelle « une mauvaise rencontre ». Il l’a racontée aux membres du collectif « anti-phoques », lors de leur réunion samedi.


Ça faisait quelques jours qu’il avait repéré ce qui semblait être un veau marin solitaire, qui restait sur la plage nord de Berck. « Il était au large et restait dans le secteur. » Mais ce soir-là, alors que dans la nuit noire, Claude Ducourneau a de l’eau jusqu’à la taille, il est brusquement retourné « cul par-dessus tête. Je n’ai pas eu le temps de comprendre. Je me suis retrouvé sous l’eau. J’ai suffoqué. J’ai réussi à remonter la tête hors de l’eau et c’est là que je l’ai vu. Il m’a foncé dessus une nouvelle fois et j’ai bu une énorme tasse. Pendant que je me débattais, je l’entendais crier sous l’eau. Je ne savais pas que les phoques étaient capables de faire ça. J’ai eu la peur de ma vie... Si je n’avais pas eu mon ciré, l’eau rentrait dans les cuissardes, je me retournais comme un bouchon et avec tout mon harnachement, je me noyais... »

Finalement, Claude Ducourneau a réussi à reprendre pied sur la plage. Et le phoque s’est éloigné. « Je pense que c’est un solitaire et qu’il m’a attaqué parce que j’étais sur son territoire. » Depuis, Claude Ducourneau n’est pas retourné taquiner la crevette. « J’ai eu trop peur. Si j’y retourne, c’est accompagné. Je ne pêcherai jamais plus tout seul. C’est trop dangereux. »


En 2012, le site SURF PREVENTION titrait :
"Un surfeur victime d’une attaque de phoque en Australie"


Mercredi dernier vers midi, Daniel Falconbridge, 24 ans, attendait tranquillement les vagues sur sa planche de surf à Garie Beach quand il a remarqué une forme obscure de 3 mètres de long qui glissait sous l’eau…

Quelques secondes plus tard, il se faisait mordre à la jambe et le sang coulait abondamment. Il s’est mis à crier ‘‘shark, shark !’’ pendant qu’il ramait de toutes ses forces vers le bord.

Mais il n’a pu aller bien loin avant que le monstre marin ne revienne mordre sa jambe de nouveau…

C’est alors qu’au comble de la douleur et de l’angoisse, la tête de l’animal a fait surface et il a alors reconnu…un phoque !

Mais ce n’était pas n’importe quel phoque mais un phoque bien connu dans la zone sous le doux nom de Cecil.

Daniel Falconbridge s’en est tiré avec 3 plaies profondes de sa jambe gauche ayant nécessité 15 points de suture. Il ne pourra pas retourner surfer avant au moins 3 semaines.


On sait que les phoques peuvent se montrer agressifs sur terre (ne jamais approcher un phoque, même blessé, sur la plage) mais les attaques dans l’eau sont extrêmement rares.

Plus qu’une réelle attaque, il pourrait s’agir d’un geste de curiosité envers le surfer. Sebastian Schmid du Sydney Aquarium a déclaré : « Parfois les phoques australiens peuvent se montrer curieux…Et comme ils n’ont pas de mains, ils utilisent leur bouche. »

En 2008 le même site titrait déjà :

"Deux surfeurs attaqués par un phoque en Namibie"

Chris Nel et Neels Engelbrecht surfaient sur le spot de Cape Cross à environ 130 kilomètres au Nord de Swakopmund.

Ils se trouvaient à environ 600 mètres du bord quand l’attaque s’est produite. Neels Engelbrecht a été attaqué par l’animal en furie qui lui a arraché un morceau d’oreille et l’a mordu à la tête, aux bras et aux jambes sous ses assauts répétés.

Chris Nel, venu à la rescousse, a essayé de mettre le nose de sa planche dans la gueule de l’animal mais il a également été blessé à la tête, au dos et aux bras.

Ils ont eu toutes les peines du monde à sortir de l’eau car le phoque les a poursuivis jusqu’au bord.

C’est Chris Nel qui a conduit leur véhicule (qu’ils avaient dû garer à un kilomètre du spot) jusqu’à l’hôpital en utilisant son membre supérieur non blessé pour tenir le volant…

Les deux surfeurs s’en tirent avec une centaine de points de suture au total pour refermer leurs plaies et une hospitalisation à l’hôpital de Swakopmund.

Ils ont été vaccinés contre la rage.

Il s’agirait de la première attaque confirmée d’un phoque sur des surfeurs. Il est néanmoins déjà arrivé que ce type de phoque s’en prenne à des plongeurs. Le phoque à l’origine de l’attaque pourrait être un jeune mâle qui aurait réagi de la sorte pour défendre son territoire.

EXPERIENCE PERSONNELLE

Pratiquant le body board à Equihen depuis de nombreuses années il m'arrive régulièrement de voir des phoques qui s'approchent à 4 ou 5 mètres. 


Jusqu'à aujourd'hui je n'ai pas observé d'attaque ni de manoeuvre agressive de leur part.

La plupart du temps ils se contentent de rester à une distance de "sécurité" en s'éloignant dès qu'on s'approche.

Au vu du faible nombre d'accidents rapportés à l'échelle des océans il semble que les comportements agressifs soient l'exception chez les phoques.

Mais au delà du risque d'attaques très rarement observées, la simple présence des phoques alimente la polémique auprès des pêcheurs qui les accuse pèle mêle de consommer d'énormes quantités de poissons, de les faire fuir, de démolir les engins de pêche ...
 

Voici un reportage de BFMTV sur le sujet :


En 2013 un collectif de défense anti-phoque s'est crée sous l'impulsion des pêcheurs en colère :

« La prolifération des phoques menace la faune et la flore de la côte. La pression des mammifères marins est trop forte sur l’écosystème de la côte »

« Les phoques, c’est simple, on n’en veut pas ! ». À la maison du temps libre de Cucq, l’ambiance est rapidement montée chez les participants. Les phoques sont l’incarnation de la colère des pêcheurs. « En mer, on a le droit d’effaroucher les oiseaux avec un fusil. Et y’a pas que les oiseaux qu’on va effaroucher, tu vas voir. »  Les mammifères s’attirent les foudres des pêcheurs en cassant les filets et en mangeant la ressource piscicole de la baie. Il y aurait soixante-dix phoques en baie d’Authie, une dizaine en baie de Canche et quatre cents en baie de Somme.

Fabrice Gosselin« C’est normal », estime Fabrice Gosselin, président de l’association des pêcheurs à pied d’Étaples et co-initiateur du collectif de défense. « Pour ces gens, la pêche c’est leur vie. C’est leur métier. » Une lame de fond s’esquisse : « Nous réunissons les pêcheurs à pied, les professionnels de la pêche et les pêcheurs de loisirs. Les pêcheurs en eau douce sont aussi intéressés. Et on veut fédérer la chasse. Les gens ressentent un vrai ras-le-bol. On est là pour taper du poing sur la table mais aussi pour proposer des solutions. On tient la route. »



Ces solutions, les pêcheurs peuvent les faire valoir dans le cadre du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale créé en 2012.


Ce parc naturel a pour but de protéger la faune et la flore
Plus de 200 espèces animales et végétales y sont recensées, parmi lesquelles 90 espèces de poissons, « dont certaines sont exploitées, menacées ou protégées », à l'image du requin pèlerin, du cabillaud et de l'anguille.
Ce classement doit permettre de renforcer la protection de cette faune et de cette flore, mais aussi de mieux connaître le milieu marin et de partager ce savoir. Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale est le cinquième parc naturel marin de France, les quatre premiers étant ceux de la mer d'Iroise, de Mayotte, du Golfe du Lion et des Glorieuses (océan Indien).

Espérons que la concertation entre les usagers de la mer, professionnels et amateurs d'un coté et les associations de protection de la nature de l'autre permettra aux pêcheurs et aux phoques de partager harmonieusement notre espace littoral.

Et pour terminer :

QUELQUES REGLES SIMPLES A OBSERVER EN PRESENCE DE PHOQUES

-   Ne jamais approcher les phoques qui se reposent sur la plage ou les phoques blessés.
-   Ne pas approcher les phoques accompagnés de juvéniles.
-   En mer si vous percevez quelque chose d'anormal dans le comportement d'un phoque n'insistez pas. Il défend peut être son territoire ou ses petits. Allez un peu plus loin pour ne pas le déranger. Il faut garder à l'esprit qu'en cas de confrontation vos chances sont très faibles face à un animal de 200 Kg qui se déplace à 35 Km/Heure et peut tenir 10 à 30 minutes en apnée 
-   La nuit sortez accompagnés pour pratiquer vos loisirs ( pêche, kayak ou autre ) 

N'oublions pas que les phoques sont chez eux en mer, ils n'ont d'autre solution que d'y vivre et d'y trouver de la nourriture.   



Article publié par Yves     Sources internet
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